Ruth Brown BROWN, Ruth (Ruth Weston) : chanteuse de rhythm'n' blues américaine, 1949. Née le 30.01.1928 à Portsmouth (Virginie).

Surnommée « Miss Rhythm », cette chanteuse fixée à New York a été l'interprète de rhythm'n' blues la plus populaire de la première moitié des années 50. Elle a contribué à lancer la marque Atlantic, vendeuse à elle seule de plus de disques que Ray Charles, LaVern Baker, les Drifters et Clyde McPhatter réunis.

Fille d'un directeur de chorale à Portsmouth, un port du sud de la Virginie dans la baie de Chesapeake, elle quitte son foyer à 17 ans, en 1945, pour suivre le trompettiste Jimmy Brown, qu'elle épouse. Elle chante brièvement dans l'orchestre du jazzman Lucky Millinder à Washington. Celui-ci la congédie pour avoir incité ses musiciens à boire. Séparée de son trompettiste, seule et sans argent, elle est recueillie par la sur de Cab Calloway qui la fait travailler dans son club. En 1949 un disc jockey la découvre et la recommande à Herb Abramson des disques Atlantic, qui la recrute aussitôt. Alors qu'elle se rend à New York pour un concert à l'Apollo, elle est victime d'un grave accident de voiture qui nécessite neuf mois d'hospitalisation. Atlantic paie la facture et lui fait enregistrer dès 1949 la ballade « So Long » », qui met en avant son style de chanteuse de jazz-blues sophistique, inspiré de Dinah Washington. Pour « Tears From My Eyes » (1950), un titre plus dynamique, sa voix haute et puissante, aux aigus vibrants venus du gospel, fait merveille : la chanson reste plus de deux mois au sommet des classements rhythm'n' blues, suivie d' « I'll Wait For You », « I Know » (1951), « 5-10-15 Hours » (1952) et le fameux « (Mama) He Treats Your Daughter Mean » (1953). Sa création du mélancolique « Oh What A Dream » (1954) de Chuck Willis lui rapporte un nouveau n°1, suivi de « Mambo Baby » (1954). A l'arrivée du rock'n' roll, elle s'adapte parfaitement à ce nouveau style, obtenant des succès tous public sur des compositions de Leiber & Stoller, « Lucky Lips » (1957 et de Bobby Darin, « This Little Girl Loves Rockin' » (1958). Sur ces derniers titres pour Atlantic, comme « Don't Receive Me », elle est accompagnée au saxophone par son second mari « Gator » Jackson. Après d'ultimes enregistrements pour Phillips, où elle sort une nouvelle version de « (Mama) He Treats Your Daughter Mean », sa carrière décline puis s'interrompt. Elle élève ses enfants et doit prendre un emploi. Elle revient à la chanson au milieu des années 70, participant à des concerts de revival de rock'n' roll organisés par Alan Freed. Au cours des années 80, elle travaille épisodiquement pour différentes maisons, se produisant dans le circuit des cabarets. En 1989, elle est l'une des vedettes de la revue Black And Blue à Broadway qui lui vaut un Tony Award (équivalent des Oscars). En 1993, elle reprend en duo avec B.B. King « You're The Boss » de Leiber & Stoller sur l'album de ce dernier Blues Summit. A 70 ans, elle publie l'excellent R + B = Ruth Brown (1997) sur un petit label Bulls-Eyes Blues, accompagnée par Bonnie Raitt, Duke Robillard, Clarence « Gatemouth » Brown, Johnny Adams et une section de cuivres emmenée comme au bon vieux temps par le trompettiste Charles « Bowlegs » Miller.