Solomon Burke BURKE, Solomon : chanteur de soul-rhythm'n' blues américain, 1955. Né en 1936 à Philadelphie (Pennsylvanie).

Avec Sam Cooke et ray Charles, ce grand chanteur de Philadelphie reste l'un des grands stylistes de la soul des années 60. Son influence sur les groupes anglais a été considérable. Les Rolling Stones ont repris « Everybody Needs Somebody To Love », « You Can Make It If You Try », « Cry To Me » et « If You Need Me ».

A neuf ans, Solomon Burke est déjà chanteur soliste dans la chorale de l'église où officie son père. A douze, il y prêche, animant son propre show radiophonique, « Solomon's Temple », et tournant dans le circuit gospel sous le nom de The Wonder Boy Preacher. Entre 1955 et 1958, il enregistre pour Apollo des disques de gospel traditionnel et des ballades dans un style inspiré par Nat King Cole et surtout Roy Hamilton. Devant le peu de succès rencontré, il se consacre à des études de « science mortuaire ». Mais en 1960, à l'instigation de Paul Ackerman, rédacteur en chef du magasine Billboard, Jerry Wexler, le vice-président d'Atlantic, engage Solomon Burke. Alors âgé de 24 ans, le chanteur est marié et déjà père de neuf enfants (il en reconnaît aujourd'hui une bonne vingtaine). Il est surtout confronté à de sérieux problèmes financiers. Entre 1960 et 1962, Wexler prend sa carrière en main. Il le baptise « King of rock and soul » et lui fait enregistrer dès sa première séance une chansons country, « Just Out Of Reach », qui lui offre son première succès, bien avant que Ray Charles n'enregistre « I Can't Stop Loving You » ou « You Are My Sunshine ». Burke alterne alors avec succès reprises country arrangées à la mode Atlantic (« He'll Have To Go » de Jim Reeves, « I Don't Really Want To Know » d'Eddy Arnold, le standard « Down In The Valley ») et classiques du rhythm'n' blues des années 50 comme « Send Me Some Lovin' », « I Almost Lost My Mind » ou « You Can Make It If You Try ».

En 1962, il enregistre « Cry To Me », une composition de Bert Berns (l'auteur de « Twist And Shout » et de nombreux classiques) qui restera son premier très grand succès. Pendant deux ans, Berns coproduira avec Wexler ses plus belles réussites : « I'm Hanging Up My Heart For You », « Everybody Needs Someody To Love », « Can't Nobody Love You » ou « If You Need Me ». La collaboration entre Solomon Burke et Bert Berns se termine en apothéose avec « The Price » (1964). Jerry Wexler reprend les rênes et en 1965 Burke décroche son plus gros succès, « Got To Get You Off My Mind ». Mais la magie semble avoir disparu et après quelques titres moins bien accueillis, « Tonight's The Night » et « Take Me (Just As I Am) », Solomon Burke quitte Atlantic en 1968.

En homme avisé, il a su investir son argent. Officiellement « docteur en science mortuaire », il est à la tête d'une entreprise de pompes funèbres et d'une société de location de limousines. En 1969, il signe chez les disques Bell pour qui il enregistre et réalise lui-même à Muscle Shoals un superbe album intitulé Proud Mary (avec la reprise du fameux titre de Creedence Clearwater Revival). Puis il passe trois ans chez MGM pour qu'il enregistre en pseudo-musique progressive l'album Electronic Magnetism et le très soul We're Almost Home (1972). En 1974, il sort un album en hommage à Martin Luther King, I Have A Dream puis, avec l'aide de l'arrangeur Gene Page, enregistre quelques 45 tours à la manière de Barry White et l'album Music To Make Love To. Enfin, sous la houlette de Jerry « Swamp Dogg » Wiliams, il publie Please Don't You Say Goodbye To Me (1978) et l'excellent Sidewalks, Fences And Walls (1979) chez le label Infinity qui fait faillite au moment où le disque commence à se vendre.

Au début des années 80, il relance sa carrière ecclésiastique. Il remonte en chaire sous le nom de Bishop Burke et enregistre du pur gospel, comme sur l'album Soul Alive (1985) où il reprend ses anciens tubes agrémentés de sermons passionnés. L'album est un succès, confirmé un an plus tard, au cours d'une série de concerts parisiens époustouflants, Solomon Burke, entouré d'une dizaine de ses enfants et petits-enfants, a prouvé non seulement que sa voix était toujours aussi puissante, mais aussi qu'il y avait encore un public avide d'entendre cette soul éternelle.