Canned Heat CANNED HEAT : groupe de blues et boogie américain 1965-1991.

- Alan Wilson (dit « Blind Owl »), guitariste, harmoniciste et chanteur. Né le 04.07.1943 à Boston (Massachusetts). Mort le 03.09.1970 à Topanga (Californie).
- Bob (Robert) Hite (dit « The Bear »), chanteur. Né le 26.02.1945 à Torrance (Californie). Mort le 05.04.1981 à Venice (Californie).
- Henry Vestine (dit « Preacher » ou « Sunflower »), guitariste. Né le 24.12.1944 à Washington. Mort le 19.10.1997 à Paris (France).
- Larry (Samuel) Taylor (dit « The Mole »), bassiste. Né le 26.06.1942 à Brooklyn (New York).
- Fito (Adolfo) de la Parra , batteur. Né le 08.02.1946 à Mexico (Mexique).

Sans doute le meilleur groupe blanc américain issu de la vague de renouveau du blues des années 60, Canned Heat, qui réunissait connaisseurs et collectionneurs de disques, a gravé plusieurs grands classiques comme « On The Road Again » et « Going Up The Country ». Le décès d'Alan Wilson en 1970 l'a amputé de son membre le plus important. La formation a continué sur sa lancée sans jamais retrouver le premier plan.

Le « Rollin' Stone » de Muddy Waters et le « Pretty Thing » de Bo Diddley tous deux des artistes de blues électrique de Chicago des années 50, ont déjà donné un nom à des groupes anglais de blues revival (voir Blues). Plus connaisseur encore, le spécialiste Alan Wilson s'inspire du « Canned Heat Blues » (1928) de Tommy Johnson. Le canned heat était une boîte de conserve contenant de l'alcool à brûler, un sterno vendu comme réchaud rudimentaire qui, les soirs de blues, devenait vite pour les pauvres une boisson forte de très mauvaise qualité, toxique. En 1964, la rencontre entre deux passionnés de blues, Hite, barbu employé d'un magasin de disques de Los Angeles, et son client collectionneur Alan Wilson, mène début 1965 à la formation d'un trio jug (les jug bands étaient de petits orchestres de rue) avec Frank Cook aux percussions. Sa très mauvaise vue vaut à Wilson le surnom de « Blind Owl » (chouette aveugle). Doué d'une grande sensibilité, Wilson est un fin compositeur et guitariste slide, un bon harmoniciste et un chanteur à la voix délicate, haute et fragile, à la skip James, qui contraste avec la personnalité remuante et les rugissements de « l'Ours » Hite. Vestine, guitariste soliste des Mothers Of Invention de Zappa, au son saturé dynamique mais manquant de finesse, les rejoint suivi de Taylor. Ils refusent d'enregistrer le « C'mon Everybody » d'Eddie Cochran pour une petite marque locale, retardant ainsi leurs débuts, marquant leur attachement indéfectible au blues. En 1966, Canned Heat enregistre un premier album sans titre (sorti en 1971), simple et efficace, candide, à l'image de Wilson. Il est constitué d'une série de classiques du genre comme « Rollin' And Tumblin' » et de reprises de John Lee Hooker, Tommy Johnson, Bo Diddley, Howlin' Wolf, Muddy Waters

Après cette réussite, le mexicain Fito de la Parra remplace Cook et Canned Heat signe avec la marque Liberty. Le groupe joue au festival de Monterey en 1967 et grave début 1968 l'excellent Boogie With Canned Heat qui contient son splendide « On The Road Again » (chanté, comme « The Owl Song » par Wilson) qui figurera bientôt dans la musique du film Easy Rider (Dennis Hopper, 1969). Il se produit intensivement en Californie et publie fin 1968 le double Living The Blues (avec Dr. John et l'anglais John Mayall) dominé par une interminable version en public d'un « Refried Boogie » rapide aux solos à rallonge, son cheval de scène chanté par Hite. Wilson y chante l'émouvant « Going Up The Country », avec sa fameuse intro à la flûte traversière, hymne au retour à la nature, qui sera repris en ouverture du film Woodstock où le groupe joué l'été suivant. Le nouveau guitariste Harvey Mandel a déjà remplacé Vestine et participe à Hallelujah (1969), un album mûr, plus psychédélique, où Hite est au meilleur de sa forme. Il est suivi de Live In Europe (1970). Mandel et Taylor partent alors rejoindre les Bluesbreakers de John Mayall, remplacés par Vestine, de retour au bercail, et le bassiste Antonio de la Barreda (cousin de Fito de la Parra). En mai 1970, la formation enregistre le double Hooker'n' Heat avec John Lee Hooker, alors complètement oublié (l'album sortira un an plus tard). Alan Wilson participe aussi aux recherches qui permettent de retrouver Son House. Peu après survient sa mort mystérieuse (il a beaucoup été question de suicide) : on le retrouve dans un sac de couchage dans le jardin de la maison de Bob Hite, mort d'une dose trop forte de somnifères. Sa disparition porte un coup terrible à Canned Heat, qui ne s'en remettra jamais vraiment. Aussitôt après, paraît Future Blues (1970), le dernier enregistré avec lui : c'est un bon disque qui contient l'impeccable « Sugar Bee » et un dernier gros succès, le « Let's Work Together » de Wilbert Harrison, rock lourd au tempo marqué, chanté par Hite. Il contient une lettre de Wilson appelant à la protection des forêts de séquoias de Californie. Le Best Of Canned Heat résume cette époque en vingt titres.

Après Live At Topanga Corral (1970), Historical Figures And Ancient Heads (1972) marque le coup avec un nouveau chanteur et guitariste, Joel Scott Hill (futur membre des Flying Burrito Brothers). Seul le « Rocking With The King » chanté par Little Richard, invité, est réussi. Usé par la scène, Canned Heat enregistre The New Age (1973). La tension avec Hite provoque différents départs de Vestine. De la Barreda est remplacé par Richard Hite, le frère de Bob. Malgré la présence scénique de Hite, alcoolique, drogué, Canned Heat n'a plus de contrat de disques dès 1975 et les musiciens varient selon les engagements. Le groupe enregistre à Paris avec Memphis Slim et Clarence « Gatemouth » Brown. Son excellent retour sur scène en 1976 avec Vestine puis Mandel est un sursaut de bonheur. The Human Condition (1978) d'après le titre de la dernière chanson d'Alan Wilson, est très réussi, mais passe inaperçu. Le décès en plein concert d'un Bob Hite à bout de forces, pesant 150 kilos, n'achève pas le groupe. Réunis, Vestine, Fito et Taylor participent même au fameux album The Healer en 1989, invités cette fois par un John Lee Hooker devenu célèbre à son tour. Puis le départ définitif de Vestine a donné un ultime disque épilogue, Burnin' Live (1991), avec Jame Thornbury (chanteur, guitariste et harmoniciste) et Junior Watson à la guitare. Dans les années 90, Canned Heat continuait à se produire et à enregistrer avec Vestine, Taylor et Fito de la Parra, et la participation occasionnelle de Harvey Mandel. En 1995, le chanteur Robert Jucas prenait la place Thornbury. On apprenait fin 1997 la mort d'Henry Vestine à paris des suites d'une maladie pulmonaire.