The Ronettes RONETTES, The : trio vocal de pop américain, 1961.

- Ronnie Spector (Veronica Bennett) : chanteuse. Née le 10.08.1943 à New York City (New York)
- Estelle Bennett : chanteuse. Née le 22.07.1944 à New York City.
- Nedra Talley : chanteuse. Née le 27.01.1946 à New York City.

Coiffures gonflantes, robes ajustées, trémolo exagéré, chansons d'amour et regards entendus, ces New Yorkaises ont incarné le girl group par excellence du milieu des années 60. Emanation parfaite du style flamboyant du producteur Phil Spector, elles ont inspiré des centaines de formations similaires et fait rêver plusieurs générations de garçons et de filles, pour des raisons différentes : séduction pour les uns et identification pour les autres.

Les Ronettes sont d'origines variées : Beatrice, mère de Ronnie et Estelle, est boire avec du sang cherokee, mais Louis, leur père, est blanc. Avec leur cousine Nedra, elles s'amusent à harmoniser depuis toujours. Ronnie est la meneuse. Frankie Lymon est son idole. Après avoir suivi des cours de chant, elles se produisent lors de bar-mitsva et autres fêtes, se faisant appeler les Darling Sisters puis Ronnie & The Relatives. L'agent de Philip Halikus les présente à Stu Phillips qui leur fait enregistrer « What So Sweet About Sweet 16 » et « I'm Gonna Quit While I'm Ahead ». Nommées Ronettes, elles sont engagées comme danseuses-choristes par l'animateur Clay Cole et ses spectacles « Twist-o-Rama » qu'on peut découvrir dans le film Twist Around The Clock. Elles collaborent avec Murray-The-K à des spectacles au Brooklyn Fox. Au Peppermint Lounge, elles passent en attraction dans l'orchestre de Joey Dee avec qui elles participent à quelques séances (« Getting Nearer ») parallèlement à leur carrière chez Colpix : « Silhouettes » (1962) et « I'm On The Wagon » (1962). Comme choristes, elles sont demandées par Del Shannon, Conway Twitty. Bert Berns les baptise les Heartbreakers le temps d'une production hors contrat en mai 1962. Grâce à Georgia Winter, journaliste de 16 Magasine, elles auditionnent pour Phil Spector au studio Mira Sound. Séduit par leurs voix comme par le physique de Ronnie, il les engage chez Philles. Colpix-May n'en commercialise pas moins l'inédit « The Memory » (1963). Les Ronettes devenus stars, Colpix, qui a évolué en Dimension, publie « He Did It » et réunit les onze faces réalisées avant la rencontre entre les filles et Spector dans The Ronettes Featuring Veronica (1965).

Mais la véritable dimension des Ronettes s'affirmera avec le travail de Phil Spector, qui réalise d'abord cinq titres « à blanc ». Deux feront l'objet d'un 45 tors crédité à Veronica, les trois autres agrémenteront un album des Crystals, les rivales qu'elles évinceront bientôt. Spector obtient d'Ellie Greenwich et Jeff Barry, « Be My Baby », une chansons inoubliable, dont Brian Wilson dit qu'il écouta au moins cent fois de suite pour en percer le secret. Le potentiel des Ronettes se cristallise dans cette création parfaite : break de batterie, le fameux « wo-wo-wo » de Ronnie, science du producteur pour que l'orchestration serve de tremplin à la voix, sentimentalité adolescente explosant dans un lyrisme d'une nature presque spirituelle. Ce chef d'œuvre captive le public. Les Ronettes retrouvent Murray-The-K et chantent « Be My Baby » pour son Live From The Brooklyn Fox. Elles concourent au spectacle tenu au Cow Palace dont Spector est le directeur musical. Elles y chantent « What'd I Say » et participent à A Christmas Gift For You (1963). La recette du premier est réutilisée avec bonheur pour « Baby I Love You ». Les Rolling Stones apparaissent en première partie de la tournée britannique des Ronettes en janvier 1964. Spector choisit ensuite des compositions d'Anders & Ponica qui signent « The Best Part Of Breakin' Up » (1964) puis « Do I Love You » (1964) et « How Does It Feel » (1964) de Barry Mann et Cynthia Weil. Dans ce dernier titre, la mis en oeuvre de Spector qui fait éclater le bruit de tonnerre, atteint un sommet. Pour les fêtes de fin d'année, les meilleures plages sont réunies pour Presenting The Fabulous Ronettes, y compris des titres qui auraient probablement pu avoir un succès s'ils avaient publiés en simples : « You Baby », « Chapel Of Love », « When I Saw You », « I Wonder »… D'autres bandes restent dans les tiroirs : « Paradise », « I Wish I Never Saw The Sunshine », « Everything Under The Sun » et n'apparaîtront que dans les années 70. « Born To Be Together » (1965), « Is This What I Get For Loving You » et « Oh I Love You » sonnent comme des déclarations de Spector à sa chanteuse, qu'il épousera bientôt.

Dans la seconde moitié des années 60 commence une autre époque, dominée par le mouvement hippie, qui chassera les figures de producteur tout-puissant comme Spector et ses créations. On voit encore le Ronettes dans le film Big TNT Show (1966), interprétant « Be My Baby » et « Shout ». Jaloux, Phil Spector interdit à Ronnie d'apparaître avec les Ronettes en première partie de la dernière tournée des Beatles. Elle est remplacée par une autre cousine en août 1966. Jeff Barry réalise, très bien, le dernier simple des Ronettes à paraître chez Philles, « I Can Hear Music ». Estelle se marie alors avec Joe Dong, compositeur de « Loop De Loop » et l'animateur chrétien Scott Ross épouse Nedra qui enregistrera Full Circle (1978) sous le nom de Nedra Ross. E 1968, Spector et Veronica (Ronnie) se marient et adoptent un bébé mulâtre, Donté Philip, en 1969, puis les jumeaux Gary et Louis en 1971. Après presque trois années d'inactivité dues à la tyrannie de son mari, Ronnie enregistre avec lui « You Came You Saw You Conquered » (1969). Ronnie et Estelle rendent visite à Jimi Hendrix en plein Rainbow Bridge et assurent les chœurs pour « Earth Blues » (1970) La collaboration de Spector avec Apple fait naître un projet d'album de Ronnie qui ne verra jamais le jour. Même si George Harrison compose « You » pour elle, il ne résulte de ces séances que le fantastique « Try Some, Buy Some » (1971). John Lennon participe à la face B, « Tandoori Chicken ».

Entourée de Chip Fields et Denise Edwards, que remplace Diane Linton, Ronnie part en tournée avec l'orchestre de Billy Vera. Sous la direction de Stan Vincent, elle interprète « Lover, Lover » (1973) et « I Wish I Never Saw The Sunshine » (1974). Le divorce d'avec Phil Spector est prononcé en 1974. Alice Cooper invite Ronnie à participer à « Teenage Lament ‘14 » pour Muscle Of Love (1973). Edward Germano réalise pour elle « You're Be Good For Me » (1975), composé par Gerry Goffin. Mascotte du clan de Bruce Springsteen, elle rejoint régulièrement celui-ci sur scène et interprète « You Mean So Much To Me » (1976) en duo avec Southside Johnny. Sous la direction de Miami Steve Van Zandt, elle crée « Say Goodbye To Hollywood » (1977) écrit pour elle dans le style des Ronettes par Billy Joel. Encore une fois, l'album prévu ne voit pas le jour. Elle enregistre « It's A Heartache » (1978) au même moment que Bonnie Tyler. Genya Ravan réalise Siren (1980) avec des membres de Mink DeVille et des Dead Boys. Ronnie Spector participe régulièrement à divers galas, vidéos et émissions nostalgiques. Paul Shaffer lui demande de chanter « Tonight You're Mine Baby » (1985) pour le film Just One Of The Guys. Eddie Money évoque « Be My Baby » dans « Take Me Home Tonight » : Ronnie lui donne la réplique sur le disque et dans le clip. Ce succès favorise l'enregistrement d'Unfinished Business (1987) qui recèle « Walk Away » de Marti Jones, « Love On A Roff-top » de Cher, « Dangerous » avec Susanna Hoffs des Bangles, « Burning Love »… Alan Betrock du New York Rocker et Marshall Crenshaw produisent quatre chansons restées inédites. A Ronnie échoit « Farewell To A Sex Symbol » dans Tycoon, version américaine de Starmania. En collaboration avec Vince Waldron, elle narre sa carrière dans Be My Baby – My Life As A Fabulous Ronette (1990), dont Cher et Billy Joel rédigent les préfaces. En duo avec Darlene Love, elle fait revivre le classique de Brenda Lee, « Rocking Around The Christmas Tree » pour un album caritatif sous la direction de Jim Iovine et Danny Kortchmar.